Les Grandes Manœuvres de la Loire

Elles se sont déroulées du 6 au 16 septembre 1898.

 

Thème : « Possession du nœud de chemin de fer de Moulins »


Localisation : Dans le quadrilatère délimité par les rivières Allier et Loire et par les villages de Villeneuve, Dornes, Gannay au nord et Le Donjon, Trézelles et Bessay au sud.

Le quartier général était à Dompierre.

 

 

Les trois derniers jours et la revue se sont déroulés à Gennetines, cet article est consultable ici : La revue des Grandes Manœuvres (Vie Touristique > Histoire).

 

 

Les grandes manœuvres ont opposées le 8ème et le 13ème corps d’armée qui comprenaient :

 

• 14 régiments d’infanterie

 

• 14 régiments de cavalerie soit au total environ 40000 hommes

 

• 4 régiments d’artillerie dont 6000 cavaliers

 

• Plus le génie, le train des équipages, les équipages, les aérostats, les cyclistes…

 

 

Les grandes manœuvres étaient dirigées par le Général de Négrier « grand secoueur de puces » qui n’hésitait pas à visiter à l’improviste quelques cantonnements. Le président de la République, Félix Faure et le Duc de Connaught, fils de la Reine Victoria d’Angleterre ont assisté à Gennetines aux trois derniers jours.

 

 

Les préparations de ses manœuvres ont été laborieuses. La Préfecture et l’Intendance militaire envoyaient à chaque commune des questionnaires bien précis. Voici, en exemple, les réponses données par Gennetines.

 

 

Notre commune pouvait fournir :

 

• 24 bœufs ou vache,

 

• 30 tonnes de foin,

 

• 30 tonnes de paille,

 

• 40 tonnes d’avoine,

 

• 7 puits débitants 100 litres à l’heure étaient utilisables par les soldats,

 

• 40 fermes pouvaient fournir denrées et combustible.

 

 

Tarif demandés en Francs de l’époque :

 

• Pain (0.40F le kg),

 

• Viande sur pied (1.60F le kg),

 

• Vin (0.50F le litre),

 

• Pomme de terre (0.08F le kg),

 

• Bois de chauffage (10F le stère).

 

 

Quel que soient les marchandises, les transports se font par des voitures à bœufs. Le prix de l’attelée est de 8 Francs.

 

Exemple : liste des personnes ayant fourni du foin et ayant été indemnisées à Gennetines.

 

André Barthélémy (Les Pinsards) – Louis Bouyeux (Les Thureaux) – Pierre Fougerolles (Les Paclauds) – Guillaume Létendu (Vignol) – Henri de Larminat ( Pannessière) – Pierre Fourneau (Les Gauthiers) – Jacques Page (Les Laurents) – François Chassery (Les Sables) – Jean Prugnot (Les Dryats) – Louis Chasset (Lucenay-en-Vallée) – Gilbert Rondepierre (Lucenay-en-Vallée) – Louis Burtin.

Soit au total 605.80 kg de foin à 0.80F = 48.46 F.

 

 

Circulaires du Préfet

 

Dès la pointe du jour, il faut rentrer le bétail dans les granges afin d’éviter les incidents. Par contre, à la tombée de la nuit, il faut les sortir et répandre de la paille fraîche afin de permettre aux soldats de se reposer. « Les administrés doivent préparer dans les fermes, sur le passage des troupes, des baquets et seaux pleins d’eau potable où les hommes pourront boire et puiser tout ‘’ en marchant ‘’. »

 

Il est interdit d’installer buvette ou cantine sur le terrain militaire. Il est possible d’en ouvrir à proximité mais une demande doit être faite au maire et doit être présentée au bureau du chef de génie à l’école d’agriculture de Gennetines.

 

 

Anecdotes sur les manœuvres proprement dites

 

Le pain : La boulangerie militaire est installée au parc d’artillerie de Moulins.

Pour faire 40000 rations journalières nécessaires à l’alimentation des troupes, il fallait 500 hommes travaillant en deux équipes (6h-18h et 18h-6h) sur 32 fours. Une cuisson durait 1h30 et il fallait 5 fournées par jour.

Le travail du boulanger était si accablant qu’on lui octroyait 450g de viande par jour au lieu de 300 pour l’homme de troupe !

 

Le temps et les marches : La presse évoque constamment la chaleur accablante (« sénégalienne ! », « un ciel de feu ! ») qui faisait suite à une grande sécheresse de juillet et d’août.

Les puits des campagnes étaient vite asséchés et n’arrivèrent plus à étancher la soif des valeureux soldats.

 

 

Voici quelques extraits des journaux de l’époque :

 

« Des chutes nombreuses de cavaliers ont eu lieu car le sécheresse a fait une croûte dure et mince qui crevait sous les pieds des chevaux. »

 

« Les pauvres soldats qui tombèrent çà et là sur les routes accablés par la chaleur et par la soif. »

 

« La plupart des régiments a fait de 40 à 45 km de marche par jour plus les manœuvres (un régiment en a fait 54 km !). »

 

«  Et, tout cela, avec les pieds des godillots et sur le dos paquetage et le lebel, et… un pantalon rouge. »

 

 

Document : A D 

Jal 18/82-83

Jal 37/5

Jal 61/53

E dépôt 111 2H2

 

 

 

Histoire écrite par M. Raymond Malbrunot et M. Michel Mauve (parue dans le bulletin municipal 1998)