La maison dite La Cure

La Cure


La belle maison du 18° siècle appelée "LA CURE", face à l'église le long de la route de Chézy, date exactement de 1770 comme l'atteste une note du curé ADAM écrite dans le registre paroissial.

 

 

Le 1° août 1770, les fondements de la maison presbytente ont été jetés au frais de Pierre ADAM, curé de cette paroisse et le 4 septembre de l'année suivante la bénédiction de la dite maison a été faîte par Monseigneur DESFERRE, curé de Saint Genest de Lucenay les Aix ; ont assisté à la cérémonie Messieurs GEOFFROI curé de la Chapelle aux chasses, CHAMPASSIN curé de Saint Simphorien, DUPIEUX curé de Paray le Fraisy, BROQUIN curé de Saint Pourçain Malchère, COUPERY curé de Chézy, TORLET curé de Thionne, FELIX curé de Chevagne, QUESSON curé d'Avermes, HUET curé de Saint Romain de Lucenay, COUPERY curé de Neuglise, SALOMON curé de Trévol, VIGIER curé de Lusigny, QUENTIN curé de Lucenay en Vallet promoteur de l'officialité de Moulins, DUBROC prêtre, COUPERY vicaire de Saint Pierre, BOULET clerc tonsuré, LAVILATTE clerc tonsuré et autres personnes qui avaient été invitées le 4 septembre 1771. ADAM curé de Gennetine.

 

L'orthographe vient du texte d'époque. Les paroisses de Saint Pourçain Malchère, Neuglise et Lucenay en Vallée ont été supprimées par FOUCHE en 1793. Saint Ennemond s'appelait Saint Symphorien.

 

1798 – Vente de LA CURE en bien national à Monsieur PINTUREL. Le curé ADAM devient locataire de sa propre maison, qui sert de cure et de maison commune.

 

La première mairie se trouvait donc à la cure.

 

En 1810 le loyer est de 200 francs par an, comme en témoigne une lettre du Maire RENAULT au Préfet du 31 août 1810.

 

La commune ne possède point de presbytère en propre parce qu'il a été vendu, que le loyer qu'en retire aujourd'hui le propriétaire absorbant "exédant" des trois quart le revenu de nos centimes additionnels. La commune singulièrement attachée à son desservant et ne pouvant "frapper" le prix du loyer qui est de 200 francs. Que tous les contribuables portés au rôle de la contribution personnelle et "mobilaire" ce qui ne peut exister puisqu'il doublerait pour ainsi dire cet impôt. La commune demande l'attribution d'une somme pour l'acquisition de son presbytère, soit au moins à être assurée du prix du loyer que les contribuables ne peuvent payer... J'espère que vous aurez égard à la réclamation d'une commune qui s'intéresse au culte et qui depuis 50 ans à le bonheur de posséder le même pasteur...

 

La commune ne possède qu'une très petite superficie de terrain autour de l'église absolument insuffisante pour la construction d'un presbytère et à faire un jardin, que ceux pouvant servir à cet effet appartiennent à 2 propriétaires différents Mrs PINTUREL et BOUDONNET, que le premier est M. PINTUREL   acquéreur de l'ancien presbytère et possède en outre dans le bourg une maison servant de cabaret avec jardin, que l'autre possède dans le bourg une maison de maître et locaterie avec jardin, que c'est là ce qui forme tout le bourg,  mais que ni l'un ni l'autre ne veulent vendre du terrain à la commune... je pense qu'un presbytère devrait toujours être composé d'une cuisine, d'une chambre pour le desservant, d'une chambre pour la maison commune (mairie) puisque nous n'en avons point, d'une cave, d'un puits, que tous ces "objets" bâtis en pierre de taille, brique, chaux, charpente et main d'œuvre peut bien se monter à la somme de quatre mille francs. RENAUD Maire.

 

En ce qui concerne la maison dite "LA CURE", je n'ai pas, à l'heure actuelle, d'autre renseignement.

 

Il faudra attendre 1837 pour avoir la construction d'un presbytère à l'emplacement de la mairie actuelle et 1883 pour la reconstruction du presbytère, mairie dans son état actuelle.

 

Quant au domaine actuel dit "LA CURE", ainsi appelé car Monsieur PLAINCHANT avait mis à la disposition du curé de Gennetines des pièces dans cette maison et il servit effectivement de cure pendant la reconstruction du presbytère en 1882-1883.

Voir ERRATUM en bas de page

 

 

Le sapin

 

Sapin de la maison de La CureNaissance du fameux sapin planté dans le jardin de la cure.

 

Voici ce qu'écrit le curé ADAM, toujours lui, dans le registre paroissial :

 

"Dans le mois d'octobre mille sept cent soixante et quatorze j'ai planté dans le jardin un petit arbre haut d'un pied* qui est un cèdre de virginie que monsieur l'abbé DE COLY grand vicaire de Moulins m'a donné, cet arbre vient très haut et est précieux par son bois qui est très beau et le rend jusqu'à douze sol la livre pour les ouvrages de meublerie."

 

Curé ADAM de Gennetines

 

*1 pied = 32 cm

Le jardin du curé est celui de la cure.

 

 

Mort du sapin

 

Le samedi "12 ou 13" mars 1966 à 16 heures, sortie de l'école, le sapin fut foudroyé.

 

Germaine REVELIN : L'arbre  s'est élevé et est retombé au sol dans un bruit effroyable et il a éclaté en morceaux répartis sur un grand périmètre. Il est resté un morceau du tronc qui a été  arraché par Gilbert DELERIN de Bois Fou pour du bois de brûle.

 

Robert JARDILLET : J'habitait, à l'époque, à la réserve, juste en face, je travaillait dans la cour et j'ai vu la partie centrale du sapin éclater, les morceaux, nombreux, se sont éparpillés sur un grand rayon, le haut du sapin est retombé au pied.

 

Les anciens parlent encore de ce sapin, cèdre, qui était planté dans le coin du terrain de la cure, vers le crucifix, en face de la salle polyvalente.

 

 

Anecdote

 

Le samedi 23 décembre 1944, à la nuit, Robert MOFFROY des Bardets, en présence d'Aimé COCLET et André BRUNEAU, est monté en haut du cèdre pour y placer le drapeau français, les allemands étant toujours à Gennetines, heureusement pour eux, ils ne les ont pas vus.

Le dimanche matin DUVERNOIS Théophile, Maire, leur a fait descendre le fameux drapeau.

 

 

Anecdotes climatiques prise dans le registre paroissial de Gennetines

 

(Orthographe et français de l'époque.)

 

1608 – le 27 janvier 1608 il y eut une grande crue.

 DUPUIS Curé

 

 

1714 – les bleds furent geler le premier de may ceux qui les coupent perdirent tous et ceux qui n'y toucherent pas la tige tomba et le pied repoussa. Et il y eut une plus grande abondance qu'il n'y auroit pas eut. Tous  les bleds etoient en epic tous ceux qui furent coupées ne repouserent pas partout on a rendu des actions de grace au seigneur d'une si grande grace la terre s'est vue deux fois couverte d'épic.

 

1722 – en 1722 le 4 juin a 4 du matin la grelle est tombé avec tant de force qu'il n'est rien resté dans tous les domaines moraux, forest, panesiere, monfoux, driat, bardet et pitraux apres avoir sonné toute la nuit dans le moment que tous le monde fu retirée me trouvait seul a l'eglise.

 

1729 – le frois a ete aussi grand qu'en mil sept cent neuf mais na pas fait de mal. les bleds se trouvant couvert j'ay eut sept domaines grellées à n'y rien rester ny foin ny bled.

PROVOST Curé

 

 

Ou l'on voit que les intempéries ne sont pas une particularité du 21° siècle.

 

 

 

ERRATUM :


Ce n'est pas au domaine de "LA CURE" que Monsieur PLAINCHANT a recueilli le curé pendant la reconstruction du presbytère, mais au domaine des "BARDETS".

 

C'est aux archives diocésaines, où je suis allé le 16 janvier 2003, que j'ai découvert une lettre de Monsieur PLAINCHANT, adressée au Vicaire Général, où il stipulait laisser 3 pièces pour loger le curé. Le presbytère était en état de délabrement tell qu'on en pouvait plus y loger, il fallait attendre la reconstruction du suivant. Les curés Gaudin Clovis, puis Ferrier Gilbert ont donc logé aux "BARDETS" de 1880 à 1883.

 

Pour ce qui est du domaine de "LA CURE", je rechercherai d'où provient ce nom ultérieurement.

 

 

Histoire écrite par M. Michel Mauve (parue dans le bulletin municipal 2002).