L'histoire du bénitier

Le Bénitier de Gennetines

 

Gennetines est connu dans le Bourbonnais pour son dicton : "Sec comme le bénitier de Gennetines". Bien des légendes courent sur ce dicton.

 

 

- D'aucun disent qu'il s'agit du bénitier de Gennetines, ex-paroisse rattachée à la révolution à la commune de Saint-Plaisir (près de Bourbon l'Archambault) Ce bénitier de la chapelle du château, fruste pierre creusée sans façons ni sculptures, fut monté sur un chariot attelé de quatre bœufs pour aller de Gennetines à saint-Plaisir. Il fallait suivre la lisière d'un bois, par de mauvais chemin boueux de vraie terre bourbonnaise. Arrivés à la moitié du chemin, les bœufs ne voulurent plus avancer. On alla chercher d'autres bœufs, mais les chaînes se rompirent. On déchargea le bénitier et on le laissa dans la haie. A la fin du siècle dernier, il était surmonté d'une croix au village de la Faie. Comme il n'y avait jamais d'eau dedans, les gens des environs disaient "Sec comme le bénitier de Gennetines". Depuis, un cantonnier de Saint-Plaisir l'a cassé.

 

- D'autres anciens disent à Gennetines que c'est le "bourri" du garde champêtre, habitant à proximité de l'église, qui voyant la porte de cette dernière ouverte, serait venu boire l'eau du bénitier. D'où le dicton "Sec comme..."

 

- D'autres encore disent que ce fameux bénitier était percé...

 

- Mais récemment, j'ai trouvé une lettre datée de 1837 consultable aux archives départementales, dans le dossier (2-0-1605).

 

 

Cette lettre permet de penser que cet adage

 

- est bien attribué à la commune de Gennetines et non à l'ancienne paroisse de Gennetines - Saint-Plaisir, au vu de la lettre du curé de la commune adressée au préfet.

- d'autre part, l'adage serait dû, non pas à des légendes fantaisistes, mais à la pauvreté spirituelle et matérielle des habitants de Gennetines (345 habitants en 1837).

 

+ Pauvreté spirituelle : pas de curé dans la paroisse, celui-ci venant de Moulins ou d'Yzeure par de mauvais chemins, n'était pas à la disposition de ses paroissiens. Il n'y avait pas non plus d'école, d'où un illettrisme important.

 

+ Pauvreté matérielle : quelques propriétaires, pour la plupart habitant Moulins et des métayers plus nombreux, en habitat dispersé. Le bourg ne comprenait à l'époque que l'église, la maison dite "La Cure", trois fermes : Les Paclauds, Les Pitreaux et La Réserve, puis trois maisons.

On peut donc penser que l'entretien de l'église et l'assiduité aux rites religieux passaient au second plan dans la vie des Gennetinois.

 

 

 

Histoire écrite par M. Michel Mauve (parue dans le bulletin municipal 1997).