L'histoire de l'Ecole d'Agriculture

Gennetines a pu s’enorgueillir d’avoir eu sur son territoire, pendant 30 ans, la 2ème Ecole Pratique d’Agriculture de France.

 

Ses bâtiments, toujours en place, s’élève au lieu-dit « Le Thureau » ou « L’Ecole d’Agriculture ».

 

L’école débuta le 12 novembre 1888, avec 15 élèves.

 

 

Superficie :

 

• Terres labourable : 156 ha

 

• Prairies naturelles : 22 ha

 

• Taillis : 10 ha

 

• Étang : 1 ha

 

 

Coût des constructions et du mobilier : 90 000F (de l’époque) remboursable en 30 annuités de 5660F.

Les candidats devaient avoir 14 ans au moins et 18 ans au plus dans l’année d’admission.

Coût de la pension annuelle : 400F.

 

 

Directeurs :

 

• De 1888 à 1891 : M. Dujon.

Une gestion peu satisfaisante l’obligea à se retirer.

 

• De 1888 à 1917 : M. Desriot.

 Il avait 25 ans lorsqu’il fut nommé. Ingénieur agronome, 2ème de sa promotion de l’école de Grignon, c’était le plus jeune chef d’établissement de cette nature en France.

Malgré maintes difficultés, il fit prospérer l’école qui connu une réputation nationale.

La confiance des habitants de Gennetines l’avait appelé au mandat de maire de 1908 à 1919.

 

 

Le personnel comprenait, outre celui-ci, un Ingénieur agronome Monsieur Chancrin ;

Un professeur titulaire du Brevet Supérieur et du Certificat d’Aptitude à l’Enseignement Agricole, Monsieur Gaget, ancien instituteur ;

Un professeur titulaire du brevet Supérieur, Monsieur Roux ;

Un docteur-vétérinaire, Monsieur Arnould ;

Un chef de culture et un instructeur de pratique agricole, Messieurs Bourdin et Oger ;

Un instructeur militaire et de gymnastique Monsieur Valéry.

 

 

Les cours

 

Les cours se répartissaient en 1ère année : physique, français, mathématique, zoologie, hygiène, génie rural, chimie, horticulture, zootechnie, agriculture.

 

En 2nd année : technologie, pisciculture, apiculture, arpentage-nivellement, cultures-spéciales, chimie agricole, cubage et comptabilité, entomologie et aviculture, géologie, économie, viticulture, zootechnie.

 

Pour les travaux pratiques, partagés entre les deux sections, l’Ecole possédait en plus des terres d’exploitation un jardin botanique, une plantation de vigne, un cabinet de chimie, un laboratoire d’analyses agricoles ;

Des collections d’insectes, reptiles, minéraux. Elle effectuait des expériences d’engrais, pratiquait l’assolement sexennal ;

Son cheptel détenait 37 bêtes à cornes, 1 cheval, 2 truies et s’était sensiblement accru depuis les débuts.

 

Les horaires s’étalaient, hivers comme été, avec des adaptations de saison, de cinq heure du matin à huit heures et demie du soir, chaque cours étant de une heure et demie, dont une demi-heure d’interrogation et une demi-heure d’application.

 

Le corps enseignant et la pédagogie se montraient certainement de qualité puisqu’en 1896, Gennetines s’était vue décerner la Prime d’honneur des Ecole Pratiques qui constituait alors la plus haute récompense nationale collective.

 

En 1899 était créée l’Association Amicale des Anciens Elèves qui publia un Bulletin annuel auquel se trouvaient annexés les rendus d’expériences réalisées à l’école, tirés ensuite en brochure pour diffusion parmi les agriculteurs bourbonnais.

 

Ainsi, sur tous les plans, l’Etablissement de Gennetines manifestait-il sa présence et sa vitalité, bien que les positions exprimées au Conseil Général à son égard n’eussent guère facilité son recrutement ;

De 6 élèves lors de l’entrée en fonction de Desriot il était passé à 22 quelques années durant, puis avait connu une régression pour atteindre 31, dont 16 boursiers d’Etat et du Département, à la rentrée 1900.

Cette année-ci sa participation à l’exposition Universelle venait de la faire distinguer, avec l’obtention d’une médaille d’argent et deux de médaille de bronze.

 

 

L’on apprit, à la session d’août 1901 que, sur 116 élèves sortis depuis la fondation, 80 étaient demeurés à l’agriculture ou l’horticulture, dont 52 dans le département, ce qui établissait une proportion de plus de 85% (alors que les promotions de Grignon donnaient 45%) ;

10, dans d’autres départements, avaient des situations diverses ou inconnues ;

10 accomplissaient le service militaire ;

9 étaient aux Ecoles Nationales d’Agriculture ;

3 dans d’autres écoles hors du département ;

4 décédés.

 

 

Le séjour dans les Ecoles Nationales n’empêchait nullement la plupart de revenir ensuite à la pratique agricole puisque deux seulement avaient poursuivi la fonction publique.

Il était tout de même difficile qu’un Etablissement d’enseignement empêchât ses élèves particulièrement doué de continuer au-delà leurs études !

 

Les chiffres étaient probants et la Commission ne put que rendre hommage au « rapport complet et satisfaisant » qu’elle avait eu à apprécier.

 

En 1902, le Directeur, qui faisant preuve de vues véritablement novatrices, proposa que les élèves ne soient plus astreints à effectuer tous les travaux de la ferme, mais plutôt à assister à celui-ci commentés pour se rendre compte si telle pratique est bonne ou mauvaise.

 

Au début de ce siècle, l’Ecole s’accrut d’atelier de travail du bois et du fer ;

Entreprit d’organiser des concours de greffages, de dresser des Cartes Agronomique communales avec Notice explicative en brochure dont celle de Gennetines constitua le modèle ;

Elle agissait aussi comme conseil des agriculteurs ayant répondu à trois cents demandes de renseignements en 1900.

 

Ses succès extérieurs allaient également s’affirmant : en 1904, un ancien élève sortait premier de Grignon, deux autres numéros 2 et 3 de Rennes, un numéro 3 de Montpellier ;

En 1906 un autre recevait la Licence de Science Naturelles ;

En 1911, un premier de promotion à l’Ecole Nationale de Rennes, un second à Grignon, un docteur ès-Sciences ;

En 1912 et 1913 encore un premier à Grignon et qui deviendrait plus tard un remarquable Chef de Service Départementale*.

 

 

* Parmi les anciens élèves : M. Bailly qui vient de terminer sa carrière comme Inspecteur Général de l'Agriculture;

Lucien Bidet, d'abord Professeur d'Agriculture à Montluçon, puis Directeur Départemental des Services Agricoles de 1927 à 1946;

Coulon, Professeur d'Agriculture à Gannat en 1914-1915;

Guillaume Doriat, créateur des Pépinières et horticulture de Lapalisse;

M. Richet, Maire de Montaigule-Blin.

 

 

A l’ouverture de l’année scolaire 1910, Gennetines comptait quarante-trois élèves ; elle en avait vu, depuis l’ouverture, passer 320 dont plus de 80% était retournés à l’exploitation.

 

Elle se classait seconde sur les quarante écoles à deux années existant en France et le rapporteur du Budget de l’Agriculture la citait élogieusement. Le rappel de la Prime d’Honneur venait de lui être accordé en 1909.

 

Son corps professoral se distinguait également : le Directeur Desriot faisait partie du jury des grand Concours nationaux ; la Caisse Régionale Bourbonnaise de Crédit Agricole lui confiait de présider à ses destinées depuis 1908 ; à son tour , l’association des Directeurs des Ecoles d’Agriculture en 1912 ; l’année suivante il était appelé à siéger au Conseil Supérieur de l’Agriculture et au Comité d’Organisation des Expériences agricoles ; i avait publié un ouvrage, Les Céréales, chez Hachette en 1909. Deux ans auparavant, le professeur de chimie Lavoine faisait paraitre dans la même collection Les Conserves alimentaire. Il ne pouvait plus être question, au moins ouvertement, de dénigrer l’Ecole : ses preuves étaient irréfutables.

 

La guerre vint briser cet élan. Il ne restait plus, en mai 1945, que 19 élèves.

 

Le Conseil Général, décidait, le 2 mai 1916, de ne point renouveler le bail des Thureaux et de supprimer, à compter du 11 novembre 1917, l’Ecole de Gennetines. Le Directeur apprit par les journaux cette détermination !

 

Pour sa vingt-huitième et dernière année, l’Ecole Pratique d’Agriculture de l’Allier, qui avait formé plus de 400 jeunes hommes, achevait son existence avec 34 élèves, son Directeurs et deux professeurs. Evoquant, dans son ultime Rapport, les objectifs qui avaient présidé à la naissance de cette Institution : « donner une bonne instruction professionnelle aux fils de cultivateurs, propriétaire ou fermiers, et en général aux jeune gens qui se destinaient à la carrière agricole », Antonin Desriot pouvait légitimement conclure : « Nous avons fat tous nos efforts pour atteindre ce but et nous croyons y avoir réussi ».

 

 

Ceux qui se souviennent

 

Monsieur Bourachaud.

 

L’instituteur nous emmenait deux fois par an visiter l’école. Ce qui frappait alors c’était, la tenue du potager avec de beaux légumes bien alignés, bien sarclés, le verger dont les arbres étaient toujours bien taillés, la porcherie très moderne pour l’époque. Il y avait aussi deux professeurs acharnés du billard qui passaient de très long moment à l’auberge car possédait alors un billard.

 

 

Madame Chatelier

 

Mon père y donnait des cours de menuiserie.

 

 

Histoire écrite par M. Michel Mauve (parue dans le bulletin municipal 1992).